RAPPEL Sécurité incendie en CHR Circulaire n°07.26 du 26/01/2026

Évolution de l’activité des établissements CHR : cadre juridique,

sécurité incendie et responsabilités

Service juridique, Pôle affaires réglementaires© UMIH 2026 – Le présent support ne peut être reproduit sans autorisation

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Toute évolution de l’activité d’un établissement CHR, même lorsqu’elle est

motivée par des considérations commerciales, est susceptible d’entraîner des

obligations nouvelles en matière de sécurité incendie et d’engager la

responsabilité juridique et assurantielle de l’exploitant. Le présent document

vise à rappeler ces enjeux et à identifier les principaux points de vigilance.

Important – Document non exhaustif / Accompagnement recommandé

Les informations contenues dans le présent document constituent des points de vigilance généraux et une trame

de prévention destinés à sensibiliser les exploitants du secteur CHR.

Elles sont fondées sur la réglementation nationale en vigueur à la date de publication, mais sont par nature non

exhaustives et ne se substituent en aucun cas à l’analyse complète des textes applicables, notamment le Code

de la construction et de l’habitation et le règlement de sécurité contre les risques d’incendie dans les

établissements recevant du public.

Toute évolution de l’activité (changement de concept, ajout d’animations, augmentation de jauge, réalisation de

travaux, exploitation d’un sous-sol ou de tout espace supplémentaire) est susceptible de modifier le classement

de l’établissement et les obligations de sécurité incendie qui en découlent et nécessite une évaluation réalisée

au cas par cas, tenant compte également des éventuelles prescriptions locales (arrêtés préfectoraux ou

municipaux).

Chaque établissement constituant une situation particulière, il est indispensable de se faire accompagner par des

professionnels qualifiés (architecte, bureau de contrôle, coordinateur SSI, consultant en sécurité incendie) afin

de valider la conformité du projet.

À ce titre, les exploitants peuvent notamment se rapprocher du partenaire bureau d’études de l’UMIH, Alliance

Prévention Incendie (Directeur : Jean-Michel Billod – Tél. : 04 90 40 94 68 / 06 87 64 36 17 – Courriel :

alliancepreventionincendie@orange.fr), pour un diagnostic et un appui technique.

Modifier l’activité de son établissement n’est jamais anodin. En tant qu’exploitant, vous êtes

juridiquement responsable de la sécurité des personnes que vous accueillez. Une évolution de l’activité

peut conduire à modifier le classement de l’établissement au titre de la réglementation des ERP. À titre

d’exemple, un restaurant classé en type N peut être de type P accessoire lorsqu’une activité de danse

est instaurée, et le passage d’une configuration assise à une configuration debout ou dansante peut

entraîner une augmentation de l’effectif maximal admissible, susceptible de faire passer

l’établissement de la 5ème à la 4ème catégorie.

 Impact sur les dégagements : Des effectifs plus importants exigent des couloirs et des portes

d’évacuation plus larges et plus nombreux.

 Impact sur les équipements : Le système d’alarme, le désenfumage, l’éclairage de sécurité ou

les matériaux de décoration peuvent devenir inadaptés ou insuffisants.

1. Les enjeux du changement d’activité© UMIH 2026 – Le présent support ne peut être reproduit sans autorisation

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Ignorer ces conséquences vous expose à des risques administratifs (fermeture), civils (dommages et

intérêts en cas de sinistre) et pénaux (mise en danger de la vie d’autrui, homicide ou blessures

involontaires).

L’évacuation depuis un niveau autre que le rez-de-chaussée est plus complexe et donc plus

réglementée. Les seuils d’effectif pour rester en 5ème catégorie sont plus bas :

 Type N (Restaurant) : Moins de 100 personnes en sous-sol.

 Type P (Danse) : Moins de 20 personnes en sous-sol.

 Type O (Hôtel) : Hébergement en sous-sol interdit.

Un désenfumage mécanique devient souvent obligatoire, les escaliers doivent être protégés

(encloisonnés), et l’éclairage de sécurité doit être renforcé.

Avant même d’envisager les aspects techniques, plusieurs vérifications administratives et

contractuelles sont impératives.

A. Déclaration d’activité

L’activité réellement exercée doit impérativement correspondre à celle déclarée auprès des

administrations (mairie, préfecture, greffe du tribunal de commerce). Toute évolution substantielle

(ajout d’une activité de danse, ouverture tardive) doit faire l’objet d’une mise à jour.

B. Assurance

Votre contrat d’assurance multirisque professionnelle couvre un risque précisément défini lors de la

souscription. Tout changement d’activité (ajout d’une piste de danse, augmentation de la jauge,

exploitation d’un sous-sol) constitue une aggravation du risque au sens de l’article L.113-4 du Code

des assurances.

• Obligation de déclaration : Vous avez l’obligation légale de déclarer cette aggravation à votre

assureur par lettre recommandée, avant sa réalisation.

• Risque de non-garantie : En cas de sinistre, si l’activité réelle n’a pas été déclarée à l’assureur,

celui-ci est en droit d’invoquer la nullité du contrat ou une réduction proportionnelle de

l’indemnité.

• Conséquences financières : Un refus de garantie signifie que vous, exploitant, devrez assumer

seul l’indemnisation de l’ensemble des dommages matériels et corporels.

Conseil pratique : Obtenez toujours un avenant écrit de votre assureur validant la nouvelle activité

AVANT de la commencer.

3. Vérifiez vos déclarations et vos contrats

2. Focus sur l’exploitation d’un sous-sol ou d’un étage© UMIH 2026 – Le présent support ne peut être reproduit sans autorisation

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C. Bail commercial et règlement de copropriété

 Destination du bail commercial : Vérifiez la clause de « destination des lieux » dans votre bail.

Une clause « à usage de restaurant » n’autorise pas, sauf mention contraire, une activité de « bar

dansant ». Exploiter une activité non autorisée est une faute contractuelle grave pouvant

mener à la résiliation du bail à vos torts.

 Règlement de copropriété : Ce document peut imposer des restrictions strictes : interdiction

d’activités nocturnes, de musique amplifiée, ou de nuisances sonores au-delà d’une certaine

heure. Vous devez impérativement le consulter.

 Autorisation pour travaux et aménagements : Toute modification de la structure, y compris

l’aménagement d’un sous-sol, requiert l’autorisation écrite et préalable de votre bailleur. Des

travaux non autorisés peuvent vous obliger à une remise en état à vos frais.

Conseil pratique : Obtenez l’accord ÉCRIT du bailleur et, si nécessaire, du syndic de copropriété avant

d’engager des frais ou de modifier votre exploitation.

Tout aménagement, même décoratif, peut avoir un impact sur la sécurité.

 Autorisations administratives préalables : Selon la nature et l’ampleur des travaux envisagés,

ceux-ci peuvent être soumis à une autorisation au titre du Code de la construction et de

l’habitation (autorisation de travaux ou d’aménager un ERP), et le cas échéant à une

autorisation d’urbanisme (déclaration préalable ou permis de construire). Les dossiers

correspondants doivent comporter les éléments exigés en matière de sécurité incendie et

d’accessibilité et sont instruits par l’autorité administrative compétente, avec, lorsque la

réglementation le prévoit, consultation de la commission de sécurité.

 Professionnels qualifiés : Le recours à un architecte, un bureau d’études spécialisé en sécurité

incendie (Alliance Prévention Incendie) ou un coordonnateur SSI (Système de Sécurité

Incendie) est indispensable pour garantir la conformité des solutions.

 Traçabilité documentaire : Conservez précieusement tous les documents : plans validés,

attestations de conformité, procès-verbaux (PV) de réaction au feu des matériaux. Ils

constituent la preuve de vos démarches.

4. Déclarez tous vos travaux et aménagements© UMIH 2026 – Le présent support ne peut être reproduit sans autorisation

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Tableau synthétique des vérifications périodiques principales

Équipement Type N/P 5ème

cat.

Type O 5ème cat. Types N/P/O 4ème

cat.

Intervenant (5ème

/ 4ème cat.)

Installations

électriques

Annuelle (ou

bisannuelle si

rapport

précédent OK)

Annuelle Annuelle Technicien

compétent /

Organisme agréé

Détection

automatique

incendie

Annuelle (si

présente)

Annuelle

(Obligatoire)

Annuelle Technicien

compétent /

Organisme agréé

Éclairage de

sécurité

Annuelle Bisannuelle Annuelle Technicien

compétent /

Organisme agréé

Alarme / SSI Annuelle Bisannuelle Annuelle Technicien

compétent /

Organisme agréé

Extincteurs Annuelle Annuelle Annuelle Technicien

compétent

Désenfumage Annuelle (si

présent)

Bisannuelle (si

présent)

Annuelle Technicien

compétent

Le registre de sécurité est la « boîte noire » de votre établissement. Sa bonne tenue est une obligation

légale (art. R.123-51 du CCH). Il doit contenir tous les documents attestant de la conformité et de

l’entretien : rapports de vérification, attestations de formation, PV de la commission de sécurité,

justificatifs de travaux. Si la commission de sécurité a émis des prescriptions, vous devez les lever au

plus tôt et conserver la preuve des actions correctives. Un registre mal tenu ou des prescriptions non

levées constituent une faute grave en cas de sinistre.

Le choix des matériaux est fondamental. Pour tout revêtement (sol, mur, plafond), élément de

décoration ou gros mobilier, vous devez pouvoir fournir un PV de réaction au feu. La « règle du 421 »

s’applique généralement aux locaux et dégagements :

 Plafond (1) : M1 (non inflammable) ou B-s3, d0.

 Murs (2) : M2 (difficilement inflammable) ou C-s3, d0.

 Sol (4) : M4 (moyennement inflammable) ou Dfl-s2.

5. Vérifiez périodiquement vos installations et équipements

6. Tenez à jour votre registre de sécurité et respectez les prescriptions

7. Demandez les procès-verbaux de réaction au feu de vos matériaux© UMIH 2026 – Le présent support ne peut être reproduit sans autorisation

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Attention aux plafonds décoratifs, panneaux acoustiques et mobilier non justifié. Conservez tous les

PV et factures. L’exception notable concerne l’intérieur des chambres d’hôtel (types O), où ces

exigences ne s’appliquent pas pour les catégories 4 et 5.

Les cuisines (selon la puissance des appareils), les locaux de stockage, les chaufferies et les locaux

techniques doivent être isolés du public par des parois, des plafonds et des portes coupe-feu (CF). Ces

portes doivent être équipées d’un ferme-porte en état de marche et ne jamais être bloquées en

position ouverte.

Les meilleures installations sont inutiles sans un personnel préparé.

 Consignes : Des consignes claires (« Que faire en cas d’incendie ? ») doivent être affichées et

connues de tous.

 Formation : Chaque membre du personnel (y compris saisonniers et extras) doit être formé

dès son arrivée à l’alarme, l’évacuation et la manipulation des extincteurs.

 Spécificité Hôtels (Type O) : L’article PO1 impose la tenue de deux séances de formation et

d’entraînement par an pour le personnel, même en 5ème catégorie.

 Traçabilité : Consignez toutes les formations dans le registre de sécurité.

Avec la disparition des lignes téléphoniques analogiques (RTC) au profit de la voix sur IP (via les box

internet), un nouveau risque émerge. En cas de coupure de courant, une box internet ne fonctionne

plus. Vous pourriez donc être dans l’incapacité de contacter les services de secours (18/112) via votre

ligne fixe.

Il est de votre responsabilité d’exploitant de prévoir une solution alternative fiable pour garantir la

possibilité d’alerter les secours en toutes circonstances (ex: téléphone portable dédié et toujours

chargé, ligne de secours sur batterie, onduleur, etc.).

A. À vérifier AVANT de changer d’activité

 Le bail commercial et le règlement de copropriété autorisent-ils la nouvelle activité ?

 L’assureur a-t-il été informé du projet et son accord ÉCRIT a-t-il été obtenu ?

8. Soyez vigilants quant à vos locaux à risques

9. Formez votre personnel

10. Vérifiez vos moyens d’alerte des secours

11. Check-list synthétique© UMIH 2026 – Le présent support ne peut être reproduit sans autorisation

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 Un professionnel (architecte, bureau d’études) a-t-il été consulté pour évaluer les impacts

réglementaires ?

 Les autorisations administratives nécessaires (déclaration de travaux, permis) ont-elles été

identifiées ?

 Le calcul du nouvel effectif a-t-il été réalisé?

 Le changement me fait-il passer en 4ème catégorie?

 L’activité devient-elle de type P (danse)?

B. À vérifier AVANT l’ouverture au public après modifications

 L’autorisation d’ouverture a-t-elle été obtenue (après visite de la commission si applicable)?

 Tous les rapports de vérification des installations neuves/modifiées sont-ils en ma possession?

 Tous les PV de réaction au feu des nouveaux matériaux/mobiliers sont-ils classés dans le

registre?

 Le personnel a-t-il été formé aux nouveaux aménagements et procédures?

 Les consignes de sécurité ont-elles été mises à jour?

 Si type P : l’alarme est-elle audible avec la musique? La coupure auto fonctionne-t-elle? Le

système de comptage est-il opérationnel?

 Si hôtel : la détection incendie est-elle en place et vérifiée? Les consignes sont-elles affichées

dans chaque chambre?

C. À vérifier EN ROUTINE

 Le registre de sécurité est-il à jour (derniers rapports, formations)?

 Les vérifications périodiques sont-elles toutes réalisées?

 Les prescriptions de la commission de sécurité sont-elles toutes levées (avec preuve)?

 Les dégagements et issues sont-ils libres de tout encombrement?

 Les ferme-portes des portes CF fonctionnent-ils?

 Le moyen d’alerte des secours est-il fiable et opérationnel?

 Les nouveaux salariés (y compris saisonniers) sont-ils systématiquement formés dès leur

arrivée?

 Si hôtel : les deux sessions de formation annuelles sont-elles réalisées et tracées?© UMIH 2026 – Le présent support ne peut être reproduit sans autorisation

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Conclusion

Toute évolution de l’activité d’un établissement CHR doit être appréhendée comme un projet à part

entière, impliquant une analyse préalable de ses conséquences juridiques, réglementaires, techniques

et assurantielles. En l’absence d’anticipation et de validation adaptées, ces changements sont

susceptibles de remettre en cause la conformité de l’établissement et d’exposer l’exploitant à des

risques administratifs, financiers et pénaux significatifs. La sécurité du public et du personnel demeure,

en toutes circonstances, une responsabilité directe et non transférable de l’exploitant.